Derrière un sourire,

il y a souvent une histoire qu’on n’ose pas raconter.

Résiliente. Solaire. Optimiste. Ce sont les mots que mes proches utilisent aujourd’hui pour me décrire.


Pourtant… je n’ai pas toujours été cette femme-là.

On n’est pas responsables de ce qu’on nous a fait.
Mais on choisit ce qu’on en fait.

Par peur, par honte ou par culpabilité,
j’aurais pu passer à côté de la vie qui m’était destinée.

J'ai 5 ans

Mon premier souvenir.
Mon grand-père me demande d’enlever mon short.
Je ne le fais pas… alors c’est lui qui le fait.

J'ai 8 ans

Ce ne sont plus seulement ses mains… mais bien sa bouche qui me touche.

A chaque fois je suis incapable de bouger.

J'ai 10 ans

Les abus sont quasiment quotidien.
Chaque jour, chaque pas dans l’escalier est une alarme dans ma tête.
J’ai appris à me préparer pour être moins choquée.


À croire que c’était normal.

J'ai 11 ans

Ironie du sort. Karma. Appelle ça comme tu veux.
Sa maladie atrophie ses muscles.
Il ne peut plus se servir de ses mains.


C’est une pause. Et dans cette pause, je commence à me dire : peut-être que ce n’était pas si normal.

Le déni est total.

Jusqu’au jour où, après sa mort, j’entends le témoignage d’une femme.
Son récit, c’était aussi le mien.
Et elle l’appelait comme il fallait l’appeler : agression sexuelle.

J’ai compris.

Et j’ai enfin trouvé le courage d’en parler à mes proches.
Ils me soutiennent.


Mais ma douleur est immense.
Je suis en colère contre lui.
Je suis en colère contre les hommes.
Contre la terre entière.
Et surtout… je me sens coupable.

Enfin.

Je vois que j’ai le choix.
Je comprends qu’il existe autre chose que cette survie.

Mais comment faire ?

Je ne sais pas. Alors je cherche.
Je lis. J’étudie. Je commence la musculation. L’écriture. La psychologie.

Évidemment, je te mentirais si je te disais que ça a été facile...
En réalité je suis tombé cent fois.
Mais cent et une fois, j’ai choisis de me relever.

Et puis, le deuxième choc.

Je découvre que nous sommes des centaines de milliers.
Pas toutes avec la même histoire.
Mais toutes avec la même douleur.
Hantées par les fantômes du passé.

Je suis acablée :

aucun chiffre concret reconnait toutes nos histoires.


Et surtout, rien qui nous aide vraiment à être heureuse .

Alors j’ai décidé de tout partager.
Même si ce n’est pas parfait, au moins c’est vrai.

Si tu as lu ces ligne jusqu’ici, ce n’est pas un hasard.

C’est peut-être parce que le moment est venu d’écrire,

ton histoire.